Portrait Rencontre

Cette page - mise à jour régulièrement - propose de découvrir un musicien représenté à la Médiathèque Musicale Mahler.Vous pouvez consulter les autres portraits présentés précédemment.


René Le Roy :  La flûte française

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De lui, Albert Roussel écrivait : « Il semble, lorsqu’on entend René Le Roy, que jouer de la flûte soit la chose la plus facile au monde. Les sons s’envolent de l’instrument magique, se précipitent ou s’attardent, spirituels ou tendres, vifs ou langoureux, aussi purs, aussi nets dans les articulations rapides que dans les lentes mélopées, révélant chez le maître de cette flûte enchantée la plus souple technique jointe à une exceptionnelle musicalité ». Le compositeur français exprimait là une admiration à la fois unanime : les qualités de jeu et le style fortement personnel du flûtiste frappèrent tous ceux qui l’entendirent ou qui jouèrent avec lui.

A l’instar de Roussel, Vincent d’Indy écrivait ainsi en 1931 : « En me rappelant les études et l’exécution de ma Suite en quintette, je me suis pris à évoquer mon impression au sujet de l’interprète parfait que m’est apparu René Le Roy. Et, au-dessus encore de l’admirable flûtiste, je voyais le musicien enveloppé dans le respect absolu de son art. »

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Avec Marcel Grandjany, en 1922

Parcours

Premier Prix du Conservatoire de Paris en 1918, René Le Roy (1898-1985) fut avec Marcel Moyse le grand représentant de l’école française de flûte de son temps, dans la lignée d’Adolphe Hennebains et de Philippe Gaubert, ses professeurs. Entré en 1919 à la Société des Instruments à Vents de Paris, où il succéda à Philippe Gaubert, René Le Roy forma également en 1922, avec le harpiste Marcel Grandjany, le Quintette Instrumental de Paris (flûte, harpe et trio à cordes) pour lequel écrivirent de nombreux compositeurs (Roussel, Guy-Ropartz, Gabriel Pierné, Florent Schmitt, Vincent d’Indy ou F. Malipiero). René Le Roy mena dès lors une double carrière de chambriste et de soliste, se produisant partout en Europe et, à partir de 1929, aux Etats-Unis, où il s’installa de 1940 à 1950.

LeRoy Jamet Stravinski_Traversée transatlantique
avec Igor Stravinski (centre) et Pierre Jamet (gauche)

Professeur de musique de chambre au Conservatoire de Paris de 1952 à 1968, René Le Roy enseigna également au Conservatoire américain de Fontainebleau (1932-1950) et au Conservatoire de Montréal (1943-1950).

René Le Roy a joué tout le répertoire de la flûte, de Leclair ou Bach (c’est par lui que la Sonate pour flûte seule de Bach, découverte en 1917, connut la diffusion qu’elle a depuis) à Debussy, Hindemith ou Varèse, dont Le Roy joua à de nombreuses reprises Densité 21,5, qu’il enregistra en 1950 sous le contrôle admiratif du compositeurs. De nombreux compositeurs de son temps lui dédièrent leurs œuvres, tels Arthur Honegger (Danse de la chèvre, pour flûte seule, 1922), Jean Rivier (Oiseaux tendres, pour flûte seule, 1935), Joseph Guy-Ropartz (Sonatine pour flûte et piano, 1931), André Jolivet (4e Incantation, 1936) ou Bohuslav Martinu (Sonate en trio pour flûte, violoncelle et piano, 1943).

LeRoy Martinu_Avec Bohuslav Martinu, en 1944

Le fonds Le Roy

C’est cette carrière prestigieuse que reflète les archives du flûtiste, arrivées en septembre 2009 à la Médiathèque. Le fonds est formé d’un ensemble de partitions (manuscrites ou imprimées, le plus souvent dédicacées et fortement annotées), d’un lot de photographies et de lettres autographes (de Nadia Boulanger à Edgar Varèse), ainsi que d’une série de repiquages en CD d’enregistrements anciens

Pour plus de précisions, consulter l’inventaire du fonds (PDF).

Lourié_dithyrambes_Arthur Lourié : Dithyrambes à Dionysos, Trois danses pour flûte seule
N° 1 : « Le Sacrifice du miel » (début du manuscrit autographe)

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Bibliographie

 

  • Claude Dorgeuille : L’Ecole française de flûte (Euterpe, 1994).

Les Portraits précédents

Claude Helffer | Emile Goué | Charles Koechlin | Joseph Kosma | Yvonne Lefébure