Portrait Yvonne Lefébure

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Yvonne Lefébure, pianiste et pédagogue (1898 – 1986).

Pour lire, pour écouter | La Fondation Yvonne Lefébure


yvonne1Yvonne Lefébure,un volcan au piano

 

A l’école d’Alfred Cortot, dès l’âge de neuf ans, elle apprend que l’essentiel de la musique se trouve au-delà des notes. Elle s’irritera toute sa vie de constater que, chez certains membres de l’école française, la technique prend le pas sur la musique. De Cortot, Yvonne Lefébure a aussi hérité le goût des polyphonies transparentes et cet art subtil qui lui fait différencier les plans sonores et les couleurs du son en donnant à chaque doigt, jusque dans les accords les plus massifs, un poids différent. « Ferment d’intelligence et de sensibilité, elle ajoute à son jeu, disait Cortot, cette constante palpitation de la vie qui ne laisse inerte aucune sonorité. »

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A son tour professeur de Dinu Lipati et de Samson François, puis de Michaël Levinas et de Catherine Collard, elle s’attache et met l’accent, avant tout, sur le jeu polyphonique : « J’insiste, dit-elle en 1964 à Maurice Fleuret, pour que l’élève voie la musique ‘horizontale’ et qu’il fasse chanter toutes les parties. C’est pourquoi Bach est un bréviaire, le grand maître des lignes et des combinaisons de lignes. » D’où, aussi, l’importance de la sonorité ou plutôt des sonorités, aussi innombrables que les oeuvres du répertoire. Merveilleuse interprète de Debussy, elle confiait encore à Maurice Fleuret : « Regardez chez Debussy comment ce que j’appelle ‘les épaisseurs de pédale’ permettent de libérer les sons aigus ou graves, les sons vaporeux de l’impressionnisme. Après Debussy, il faut tout jouer de manière différente, car avec lui le piano a rendu un son nouveau. »

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Frêle et menue, rapide et légère, « casque d’or sur le regard bleu », elle était dotée d’une force, d’un don prodigieux de communication. Elle évoque pour les uns Mélisande, pour d’autres « l’enfant ensorcelé de Colette et de Ravel ». « Ses moyens techniques hors du commun, raconte Henry-Louis de La Grange, qui fut son élève cinq années durant, lui permettaient d’aborder les oeuvres les plus redoutables comme les Variations Diabelli ou l’Opus 106 de Beethoven. On avait alors l’impression qu’elle voulait à tout prix braver les limites que la nature semblait lui avoir imposées en lui donnant de petites mains ». Défi triomphant salué par Alfred Cortot : « Elle est presque seule à avoir affronté victorieusement les multiples problèmes d’interprétation de ces gigantesques Variations. »


Pour lire, pour écouter

Yvette Carbou a consacré un livre passionnant à Yvonne Lefébure : « La leçon de musique d’Yvonne Lefébure » aux Editions Van de Velde. D’autre part, on trouve aux Editions Solstice huit disques (Dukas/Emmanuel, Ravel, les Variations Diabelli, Bach, Schubert, Schumann, Fauré, Debussy) ainsi qu’un coffret de trois disques avec des enregistrements inédits réalisés entre 1966 et 1970 à la Maison de la Radio, complétés par des entretiens avec Bernard Deutsch, Laurent Asselineau, Jacques Chancel et un cours d’interprétation sur la Quatrième Ballade de Chopin donné en 1978 au Théâtre du Ranelagh.top


La Fondation Yvonne Lefébure

Aider, stimuler les jeunes pianistes est le message qu’Yvonne Lefébure avait si généreusement répandu autour d’elle.

Pour répondre aux voeux testamentaires de celle qui a consacré sa vie ardente à la Musique, à la jeunesse, à l’interprétation créatrice, un « Prix international de Piano Yvonne Lefébure » a été créé en 1990 et s’est poursuivi en 1992 et 1994.

Les responsables de la Fondation, désireux d’apporter aux jeunes interprètesune aide plus diversifiée, ont remplacé cette compétition par l’attribution de bourses de perfectionnement à de jeunes pianisteschoisis par la Fondation dans le cadre de concours :

  • Admission en 3eme cycle de perfectionnement du CNSM de Paris
  • Concours international « Pro Musicis »
  • Concours international de Piano XXe siècle d’Orléans

Ces bourses ont été affectées à la réalisation de projets destinés à faciliter l’activité professionnelle des intéressés, le développement de leur carrière ou l’épanouissement de leurs dons.top

Quelques lauréats du concours ou bénéficiaires de bourses

Vardan MAMIKONIAN (1er prix 1990)
Olivier CHAUZU (Prix Debussy, 1990)
Ric SUZUKI (1992)
Nicolas ONG (1er prix, 1994)
Cédric THIBERGHIEN (Prix Debussy, 1994)
Sodi BRAID (Nigéria – Bourse)
Dana CIOCARLIE (Roumanie/ France – Bourse)
Jean DUBE (France – Bourse)
Guglia KATSARAVA (Géorgie – Bourse)
Graham SCOTT (Angleterre – Bourse)
Seiko TSUKAMOTO (Japon – Bourse)
 


Les Portraits précédents

Rencontre | Claude Helffer | Emile Goué | Charles Koechlin | Joseph Kosma